
Les rizières du Vietnam
Carnet de route
Cela fait plus de 3 semaines que nous parcourons le Vietnam du Nord au Sud et il est bientôt temps pour nous de partir à la découverte d’autres pays.
De Dong Ha à Ho Chi Minh, notre parcours dans ce pays ne nous laissera pas indifférents, le tout assaisonné de plusieurs découvertes culinaires.
Après avoir enchaîné plusieurs jours de vélo sans faire de pause, nous attendons avec impatience notre escale dans la ville de Hue, capitale « culturelle » du Vietnam. C’est en quittant notre petit hôtel de Dong Ha que la route nous a réservé des surprises… Et une crevaison ! La première de l’aventure ! Notre Tandem Gilou doit fatiguer entre notre poids, celui des sacoches et de la remorque… Fatigués mais déterminés, nous nous partageons la tâche et repartons de plus belle sur les routes.
C’est en milieu d’après midi que nous arrivons à l’hôtel et découvrons un édifice tout à fait superbe, de style colonial, rien à voir avec nos précédents endroits de villégiature.
Dernière soirée et nuit sur Hue chez nos hôtes, qui nous permet de compléter notre découverte culinaire du Vietnam en goûtant l’«œuf couvé»… Ames sensibles s’abstenir ! L’œuf couvé est, comme son nom l’indique, un œuf de poule qu’on laisse volontairement couver plus longtemps par la poule (18 à 20 jours). Alors que Coralie trouve ça plutôt bon ce n’est pas le cas de Guillaume, qui ne terminera pas le sien. Le plus dur est peut-être de tomber sur la petite tête à la fin de la dégustation…

Pour rejoindre Da Nang, deux choix s’offrent à nous : payer un camion afin de traverser le tunnel de 6 kilomètres interdit aux vélos, ou faire l’ascension du Col des Nuages. Rien que le nom ne vous donne pas très envie de s’attaquer à lui, mais on va le faire ! Pour les enfants, pour le défi sportif que cela représente, mais aussi pour nous.
Nous nous sommes tous les deux surpassés et pour deux « non sportifs », nous nous en sommes sortis comme des pros ! Après deux heures et demi d’ascension, trois pauses, et sans avoir poussé une seule fois notre monture, nous atteignons enfin le sommet du Col des Nuages qui culmine à 1200 mètres d’altitude.

Arrivée au sommet du Col des Nuages
Après ces quelques jours passés dans la « capitale » du Sud, nous reprenons notre route pour le Cambodge et, comme un signe, c’est à nouveau notre pneu arrière qui fera des siennes. En quelques mètres, bye-bye Vietnam et bonjour Cambodge : un autre pays, une autre langue, une autre monnaie voire même deux (riels et dollars) et un autre environnement : «Welcome to Cambodia, the kingdom of wonder », nous annonce un énorme panneau à notre entrée.
Tambiet Vietnam !
Les enfants aux visages souriants, malgré des conditions de vie difficiles
Ils nous ont fait gravir des montagnes, ils nous ont fait parcourir des centaines de kilomètres, ils nous ont fait rouler des heures, mais pas une fois nous n’avons regretté de faire ce que nous faisions. Comment se plaindre alors que, kilomètre après kilomètre, nous constatons que des enfants travaillent sur des marchés, dans des rizières, les champs ou encore sur des chantiers et que, malgré tout cela, ils croquent la vie à pleines dents et profitent du peu qu’ils ont avec le sourire.

Conditions de vie de certains enfants
Fort heureusement, ce n’est pas le cas pour tous. Comment faire pour toucher les familles françaises et européennes, comment faire comprendre aux gens qu’il suffirait que chaque famille parraine un enfant en difficulté quelque part dans le monde pour que cela change, pour que chaque enfant ait une chance d’avoir l’enfance qu’il est en droit d’attendre, une éducation et un métier ?
A Hue, nous étions attendus par Eve qui nous a fait visiter le centre. L’AEVN (l’Aide à l’Enfance au Vietnam, www.aevn.org), fondée en 1970, accueille dans ses centres des enfants de familles très pauvres. Les enfants sont soutenus scolairement et moralement jusqu’à la fin de leurs études universitaires et aidés jusqu’à l’obtention d’un premier emploi.
Pour notre dernier jour à Ho Chi Minh, nous avons rendez-vous dans un district reculé au cœur d’une congrégation de sœurs qui travaillent en collaboration avec l’association française « Enfants d’Asie ». Difficile de retenir nos larmes en découvrant le foyer de familles vivant dans une pièce de moins de 4 m2 où, grands parents, enfants et petits enfants vivent à 7 sous le même toit. Le plus fou dans tout ça, c’est que ces gens qui n’ont rien ne se plaignent pas, ils ne mendient pas et ils nous accueillent chez eux avec le sourire… Poignant.

Sourire d'une petite Vietnamienne
Un petit bilan chiffré de notre aventure vietnamienne :
- 9 passages sans encombre à des barrages de police !
- 8 barrières de péage passées sans rien payer
- 1 chute et 1 léger accrochage
- Plus de 900 kilomètres de pédalage intensif et 1 col de 1200 mètres d’altitude
- Etat général de Gilou : la star du voyage a essuyé 2 crevaisons, 1 cassage de béquille, 4 déraillements et beaucoup de boue, poussières et petits remaniements !
- 6 litres d’eau, 3 litres d’Oo (thé glacé), et quelques cannettes de RedBull, Coca, Pepsi, 7Up consommées par jour
- 4 nuits, des petits déjeuners et un repas offert par des hôtels du groupe Accor
- 1 vol (notre paire de jumelles)
- Et des dizaines de rencontres que nous n’oublierons pas…
« Pour connaître un pays, il faut le vivre, le manger et le boire. »… Et le pédaler !



