Bali ? Toujours ! – Le travail à Bali

Le plus grand choc s’est produit pour moi sur le plan professionnel. Les Balinais ont une priorité : la religionl. Les cérémonies, spécialement dans la région d’Ubud, sont la priorité de tous les habitants du village. Le problème, c’est qu’ils ne préviennent pas lorsqu’il y a une cérémonie ! Chaque village a deux cérémonies annuelles. Il est donc très difficile d’envisager des rendez-vous dans ces circonstances : il m’est arrivé plus d’une fois de donner rendez-vous à des organisations, et lorsque j’arrivais dans leurs bureaux, quelqu’un me disait que personne ne viendrait, car c’était jour de cérémonie dans leur village.

Aux cérémonies de villages, il faut ajouter les crémations (célébrations de la mort), où tout le monde est invité – et cela peut aller jusqu’à 5000 personnes -, ainsi que les mariages. Les mariages balinais dépendent des lunes, aussi il est impossible d’en connaître les dates si l’on ne vous prévient pas… Néanmoins, je ne me permettrais pas de dire que les Balinais ne travaillent pas, car lorsqu’ils travaillent, ils le font vite et bien ; ils sont seulement imprévisibles, ce qui rend le travail parfois compliqué…

Les règles de vie balinaises sont en fait très loin des règles de vie dans le monde capitaliste. Cela dit, les grands groupes implantés sur l’île ont une rigueur au travail toute occidentale et ne se permettent pas de laxisme. La manière de travailler est ainsi un mélange d’influences : celle des Hindous qui font passer la religion avant tout, celle des Musulmans venus chercher du travail et qui se battent pour cela, et celle des expatriés qui sont ici soit en tant que managers, soit en semi-vacances.

VIBE Foundation

VIBE Foundation est une organisation créée en 2001 par des jeunes diplômées américaines en histoire et en anglais, tombées amoureuses de Bali. Aujourd’hui, VIBE Foundation permet aux élèves balinais d’avoir une éducation décente partout dans l’île. Cette organisation a un effectif d’une dizaine de personnes.

En tant que responsable de la promotion de l’ONG, j’ai rencontré des personnes dévouées à leur tâche, des gens formidables avec lesquels j’ai travaillé, mais aussi avec qui j’ai vécu des moments de partage en dehors du travail, et qui se montraient curieux de moi, et de ma culture.


Ma conclusion sur cette expérience

À l’heure où l’on parle de plus en plus de management interculturel, avoir eu la chance de travailler avec des personnes qui n’ont ni la même religion, ni la même culture, ni la même langue que moi, a été une expérience d’une très grande richesse. Se trouver seul pendant des mois dans un pays du tiers-monde est aussi une expérience qui fait grandir, de même que de travailler au sein d’une petite organisation.

D’un point de vue personnel, cette période de vie aura par conséquent fait de moi un homme plus mûr, plus ouvert et plus prêt aussi à endosser des responsabilités. Culturellement et humainement, cette expérience m’aura beaucoup enrichi. J’ai conscience de la chance unique que j’ai eue. Ce stage, plus qu’un passage, est pour moi un tournant.

Killian Aubert – Promo 2006