Do you hablas Deutsch ? – Une formidable expérience

Arrivé à Lanzarote, je dors une bonne quinzaine d’heures par me remettre d’une nuit blanche passée à savourer mes derniers instants à Tenerife. Le lendemain, c’est le jour J, je rencontre comme convenu la directrice des ressources humaines.

Le premier jour à l’hôtel, et les jours qui suivirent…

Première étape : me trouver un uniforme. J’essaie mon nouveau costume tout neuf, puis me présente à l’accueil en tenue de pingouin. Le directeur me conduit au restaurant et me présente rapidement à l’équipe. Cela ne dure pas dix minutes qu’un petit moustachu vient m’expliquer ce que seront mes tâches quotidiennes, et je me retrouve au fin fond d’une cuisine qui ressemble étrangement à ces souterrains de laboratoire qu’on voit dans les films américains, ceux dans lesquels ils font des expériences sur les humains… Pas très rassurant…

L'équipe du restaurant

L'équipe du restaurant

Et me voilà parti pour de fantastiques aventures avec mes amis les cafards. Au programme : laver des centaines de couverts, qui ne manquent pas de tâcher mon joli costume tout neuf. Mon calvaire dure ainsi de 13h jusqu’à 21h, sans boire ni manger !  Ce premier jour de travail fut tout simplement horrible. La perspective de faire ce travail pendant 8 semaines me glaçait le sang… Même si les jours qui suivirent furent moins durs, ce ne fut pas la joie pour autant. Je travaillais 40h par semaine, de 8h à 12h puis de 18h à 22h, avec une coupure l’après-midi assez déroutante. En fait, on a la sensation de travailler deux jours pour le prix d’un !

Le travail en lui-même n’est pas très intéressant, plutôt stressant et très éprouvant physiquement. Moi qui étais venu pour apprendre les langues, je n’avais en réalité que très peu de temps pour avoir des contacts avec les clients, je n’en avais au début qu’avec les employés… et je me suis aperçu que les serveurs espagnols étaient très minoritaires ! Seuls les chefs étaient espagnols, alors que les serveurs qui travaillaient avec moi étaient tous marocains, mauritaniens, chinois, ou sud-américains, et je parlais mieux espagnol qu’eux !

Heureusement, les Marocains m’ont aidé à sortir la tête de l’eau, et les amitiés ont peu à peu dépassé le cadre strict de l’hôtel : ils m’ont tous au moins une fois invité à boire le thé chez eux, dans leur famille. Enfin, je revoyais le jour ! J’ai alors retrouvé le moral, et me suis plus ouvert aux autres. Au bout de trois semaines, je rigolais avec un peu tout le monde et commençais à débarrasser des piles d’assiettes sur un seul bras, me permettant même le luxe de faire des blagues en allemand aux clients !

Finalement, une formidable expérience

Même si cela n’a pas toujours été facile, je pense avoir énormément appris durant ces trois mois. Je pense avoir beaucoup mûri dans le sens où j’ai énormément appris sur différentes cultures ! A vivre dans un capharnaüm linguistique en permanence pendant trois mois, j’ai finalement acquis de bonnes bases en espagnol, que je parle presque bien, j’ai fortement consolidé mon allemand et pu continuer à pratiquer mon anglais, pour ne pas perdre le niveau. Je ne regrette pas du tout ce stage. Je pense qu’il représente bien la réalité d’un stage : une alternance de bons, de très bons, mais aussi de mauvais et très mauvais moments. Mais au final, c’est une leçon de vie formidable et inoubliable !

Le Volcan Teide à Tenerife (îles Canaries)

Le Volcan Teide à Tenerife (îles Canaries)

 

Guillaume Daguerre – Promotion 2009