

Ma Gypsy
« Izgublen sam, mozete li mi pokazati na karti ? Govorite li engleski ? » (Je suis perdu, pouvez-vous me montrer sur la carte où nous sommes ? Parlez-vous l’anglais ?). Comme tout est écrit en alphabet cyrillique, les panneaux, le nom des rues, etc., c’est vrai que je suis toujours paumé ! Alors j’ai vite appris quelques mots en serbe… Mais cette fois-ci, la fille à qui je demande avec mes trois mots de serbe si je suis dans le bon bus, me répond en anglais : « Je suis tzigane, je parle uniquement notre dialecte, je ne comprends et ne parle pas le serbe, mais je parle bien l’anglais, même si je ne sais pas lire et écrire. »
Woaw, je suis sous le charme, je n’ai jamais entendu une voix aussi douce et aussi calme… Nous sommes restés ensemble jusqu’au dernier jour de mon stage. C’était plutôt rigolo de vivre un tel contraste, pendant ces trois mois, entre la vie mondaine et luxueuse que je menais dans le milieu diplomatique, et la vie de bohème que je partageais, le reste du temps, avec elle… Avant de partir, à l’aéroport, elle m’a dit : « Mon monde est celui où on aime VRAIMENT, la vie et les gens, un monde sans artifice, où les sentiments sont purs, où les petites choses font le bonheur de tous les jours. Ton monde est superficiel, froid et conventionnel, l’argent fait que les gens commencent à s’ennuyer des choses simples, car tout est devenu ordinaire… Un monde où on a oublié que le sourire d’un enfant à qui on ramène son ballon peut embellir sa journée…Je n’envie en rien ton monde ! ».
Julien Nompeix



