Mais Shanghai est loin d’être aussi internationale qu’on ne le pense ! C’est une ville qui reste profondément chinoise, où l’anglais et très peu parlé, contrairement à ce que je prévoyais, et où la culture occidentale n’existe que dans quelques lieux particuliers.
Relations professionnelles
Je ne peux pas évoquer mon périple en Chine sans vous parler un peu de l’univers professionnel dans lequel j’ai évolué pendant près de trois mois. Mon entreprise, C and H Asia Ltd, était située dans un quartier plutôt local, dans un building comme on en voit des dizaines émerger du sol shanghaien. Au 19e étage se trouvaient les bureaux. Ni trop grands, ni trop petits, ils étaient d’une simplicité éloquente.
Néanmoins, ce ne sont pas les meubles ou la déco qui m’intéressaient, mais plutôt les gens autour de moi. Je m’étais toujours imaginée les Chinois comme des travailleurs acharnés, très sérieux, presque drogués par le travail et je me suis vite rendue compte qu’ici ça n’était pas le cas… Mes collègues, d’une grande gentillesse, se sont révélés être de véritables boute-en-train, apportant joie et bonne humeur chaque matin ! Susan, l’assistante de mon patron, était surnommée : « Naughty girl » ! En effet, elle ponctuait les journées de plaisanteries, moqueries et autres rigolades. Elle ne manquait pas une occasion de rire ou de faire une blague. Au-delà de cela, Susan inspirait à tout le monde une extrême sympathie et il est vrai que, comme disait mon patron « l’essayer, c’est l’adopter ». Je me suis tout de suite liée d’amitié avec cette jeune femme qui, du haut de ses 25 ans, était déjà maman depuis 3 ans et mariée depuis peu. Pendant ces 3 mois, elle fut pour moi une collègue remarquable mais également une amie, m’accompagnant partout en ville, que ce soit pour faire du shopping, au karaoké super branché…
Comme s’il existait un ange et un démon, il y avait Sophie. Sophie était ma deuxième collègue et amie. Elle représentait parfaitement le contraire de Susan. Plus vieille, plus timide et réservée, très sérieuse… Elle était mon guide touristique, et m’a montré le tout Shanghai. J’ai pris un plaisir fou à essayer de la rendre moins réservée. Je me souviendrai toujours de son regard inquiet dès que je lui parlais de sortir le soir, de son attitude si prude lorsqu’on allait au restaurant. J’avais l’impression que Sophie n’avait jamais vu la vie comme une fête et que visiblement on ne lui avait jamais appris à sourire. C’est pour cela que j’ai tenté pendant 3 mois de lui faire voir la vie avec mes yeux de jeune adulte encore un peu enfant… Je voulais qu’elle comprenne que même à 29 ans on pouvait prendre la vie comme un cadeau et faire de chaque journée une occasion de s’émerveiller des choses simples. Je voulais qu’elle comprenne que la vie peut être une œuvre d’art si on sait profiter des bons moments et se laisser aller quand il le faut.

Les buildings de Shanghai
Avant de partir, on m’avait dit que cette expérience était une super opportunité. Aujourd’hui je pense que ce stage a été une vraie chance, un enrichissement non seulement professionnel mais surtout au plan personnel. Ces trois mois m’ont permis de me remettre en question et, tous les jours, j’ai appris à me connaître, j’ai appris à respecter les autres et leur culture, j’ai compris ce que je cherchais vraiment dans la vie. J’ai pris conscience des choses qui comptaient réellement pour moi, de la difficulté et des contraintes que nous imposent certains choix, mais j’ai compris aussi que c’est par ce genre d’expérience que l’on donne un sens à sa vie. La Chine, et Shanghai en particulier, est un pays magnifique que j’ai eu la chance de découvrir en observant toutes ses facettes, en regardant de plus près ce qu’il y a derrières les lumières et les paillettes…
Alix Cotonnec - Promo 2009



