Au-delà de cet aspect, cette rue m’impressionnait par le nombre incalculable de néons, lumières et autres artifices lumineux. Pas un centimètre carré de buildings était vide, et à vrai dire j’en avais presque mal aux yeux à regarder autant de lumières !

Les rues illuminées de Shanghai
La petite Europe
En l’espace de quelques heures, j’ai retrouvé un peu de ma culture et de mes habitudes dans cette petite Europe au cœur de la plus grande ville de Chine. Ce fut pour moi le point de départ de mon adoration pour Shanghai. J’ai ouvert un œil différent aux paysages qui m’entouraient et je me suis mise tout simplement à « aimer » la ville. Chaque déplacement en taxi était pour moi l’occasion de découvrir de nouveaux quartiers, tantôt boisés, tantôt urbains, pollués ou complètement décalés… chaque quartier de Shanghai me paraissait unique, avec du « cachet », comme on dit en France !
Le quartier qui m’a le plus marqué dans mon périple en Chine reste celui où était situé mon bureau et mon appartement : un quartier très… chinois, comme disent les expatriés ici ! Je prenais un plaisir fou à observer les petits artisans qui parsemaient la rue que j’empruntais tous les matins. A l’entrée de la rue se trouvait le petit cordonnier, toujours accroupi à même le sol, le regard fixé sur une paire de chaussure abîmée, comme s’il admirait un trésor qu’il fallait restaurer. Puis je croisais un adorable couple qui tenait un stand de fruits et légumes. Chaque jour, j’allais leur acheter du raisin, des pommes ou encore des tomates, et dès qu’ils m’apercevaient, ils se jetaient vers moi avec des sacs, me faisant mille et un signes en direction de leurs produits fraîchement arrivés. Même si la communication se résumait à un langage non verbal, je repartais toujours avec les plus beaux fruits et les meilleurs légumes ! Après cette pause maraîchère, je parcourais quelques mètres et, sur une si courte distance, je passais devant trois salons de coiffures installés côte à côte ! Il me fallait parcourir ce tronçon de rue assez rapidement, car si je m’attardais un peu trop, je me retrouvais en moins d’une minute encerclée par trois coiffeurs très motivés à l’idée de me faire un shampooing ! Et enfin j’arrivais à mon bureau, situé au 19ème étage d’une grande tour comme il y en a des centaines à Shanghai. Le gardien, un adorable chinois d’une cinquantaine d’années me recevait toujours avec un large sourire et un petit clin d’œil, qui me faisaient toujours esquisser, à mon tour, un petit sourire.
C’était mon trajet chaque matin, et chaque soir. Et chaque matin, chaque soir, je découvrais encore des surprises, des gens nouveaux, de nouvelles interrogations sur les centaines de mètres que j’arpentais… Ce quartier restera à jamais gravé dans ma mémoire, par son originalité et ce choc culturel qu’il me proposait chaque fois que j’y étais… Je me souviens m’être dit que si je pouvais ramener quelque chose de Shanghai, ça serait une part, un petit bout de cette ambiance au parfum de bout du monde.
« I just want some nems »
Un de mes souvenirs les plus forts de Shanghai reste mon combat quotidien à essayer de manger quelque chose… d’agréable. Je savais pertinemment qu’à chaque restaurant où j’allais, il existait une multitude de plats succulents… mais comment faire pour déchiffrer un menu en chinois ?
Mes collègues et amies ont pourtant tout tenté jusqu’à la traduction de l’anglais au chinois de « porc au caramel » et « rouleau de printemps ». Malheureusement, n’étant pas dans le big center de Shanghai, les plats restaient très locaux, et ce que nous européens appelons « cuisine chinoise » était inconnue au bataillon ! Je répétais souvent cette phrase toute simple : « I just want some nems », mais je n’ai jamais vu le bout d’un nem pour la simple raison que le nem est une spécialité vietnamienne, et non chinoise ! Quel choc, quand j’ai pris conscience de ces années passées dans les restaurants chinois en France, à déguster leurs spécialités de nems ! Usurpateurs !!!
Alix Cotonnec – Promo 2009



