Valence – L’apprentissage de la langue

La différence entre l’apprentissage d’une langue par l’intermédiaire d’un cours et son apprentissage sur le vif est évidente. J’avais personnellement participé à deux sessions linguistiques en Espagne de trois semaines (Santander 1999, Grenade 2002) et je suis des cours d’espagnol depuis la quatrième.
L'Hemisferic, cinéma et planetarium de Valence

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Cependant, ce niveau ne s’avérait pas suffisant pour entreprendre les démarches nécessaires à l’intégration dans un pays hispanophone. Dans ce genre de situation, il n’y a pas de secret : il faut aller de l’avant, et parler avec le peu de connaissances que l’on a, afin de se faire reprendre et corriger les fautes que l’on commet. Dans l’apprentissage d’une langue dans un pays, il y a plusieurs caps à passer. En général ce sont des étapes de deux mois où s’enchaînent périodes de grosse progression et périodes de stagnation. Lors de la première période de grosse progression, on se rend compte des grosses erreurs de prononciation, de syntaxe et de vocabulaire que l’on faisait en cours, sans pour autant les corriger automatiquement. Ce sont en général des erreurs évidentes mais que l’on a assimilées quand même.

Une fois cette première période passée, s’ensuit la première période de stagnation, qui correspond à la correction et à l’assimilation de ces erreurs corrigées. Puis vient la seconde période de progression, où l’on a déjà un peu plus d’assurance, et où l’on peut se permettre de corriger les fautes de grammaire. Cela correspond également à l’acquisition de quelques expressions espagnoles, expressions déjà adoptées dans la première période de progression, mais sans qu’on ait pu en saisir le sens complet. C’est également dans cette période que s’améliore la prononciation. La seconde période de stagnation est la plus longue, puisque le quotidien s’est installé, et on se rend compte que le vocabulaire utilisé est souvent le même, et que l’on ne recherche pas forcément une manière plus idiomatique de parler.

C’est dans la troisième période de progression que s’acquiert réellement l’espagnol courant. Malheureusement, je reste sur un sentiment d’inachevé, car en ne restant que cinq mois, je me suis arrêté au milieu de la troisième étape de l’apprentissage, celle qui permet de passer de l’espagnol scolaire à l’espagnol courant… Mais, en retournant fréquemment à Valence lors de mon stage à Paris (une fois par mois) et surtout en revenant passer un mois en été, cela m’a permis de combler certaines lacunes. Les progrès que j’ai réalisés en espagnol sont indéniablement liés au fait que j’avais des colocataires espagnols.

L'Hemisferic, cinéma et planetarium de Valence

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Conclusion personnelle de cette expérience

Je dois dire que vivre cette expérience a certes été enrichissant au niveau culturel et académique, mais c’est surtout l’expérience personnelle que je retiendrai : être jeté seul dans une ville inconnue, sortir du cocon habituel à Bordeaux, ont été bénéfiques pour moi : je n’avais jamais quitté ma ville natale plus de deux mois, et à Valence, j’ai dû apprendre à me faire des amis, à me tirer d’affaire seul sans pouvoir faire appel à mes copains, à ma famille. C’est dans ce genre de situations, lorsque personne ne vous connaît, que votre vraie personnalité se fait jour puisque sans vous connaître, en Erasmus, les gens ne vous jugent pas.

Antonin Cuny